La santé DANS l'entreprise


Pressions, management par le stress, risques psycho-sociaux,... autant de sujets MAJEURS pour la santé des salariés sur lesquels l'entreprise Auchan s'investit timidement.

Décryptage sur cette page concernant ces thèmes d'actualité...


- Le stress -


27/05/2013

Conseil lecture

Un témoignage choc sur le burn out

On parle de plus en plus du "burn out", le syndrome d'épuisement professionnel. Beaucoup plus qu'un grand coup de fatigue, il s'agit d'une atteinte profonde et durable des capacités physiques et psychiques qui peut conduire jusqu'au suicide. Une jeune femme livre son témoignage dans un livre sorti cette semaine. 

 

L'histoire d'Aude Selly est exemplaire. Dramatiquement exemplaire. Passionnée, engagée, ambitieuse, dévouée, Aude s'est totalement consacrée à son activité professionnelle : la gestion des ressources humaines dans la grande distribution. À l'aube de ses 30 ans, elle y laissera sa santé, brisée par un burn out dévastateur qui l'amène à une tentative de suicide. Aujourd'hui en convalescence, elle se consacre à alerter les entreprises et les salariés sur les risques immédiats et à long terme de "l'épuisement professionnel".

 

Nous vous conseillons cette lecture, un texte écrit en six jours, brut et singulier.


18/04/2013

Burn-out : quand le travail consume le salarié.

Classé dans les risques psychosociaux, le syndrome d'épuisement professionnel commence par une phase de résistance; arrive ensuite la rupture, suivie de l'épuisement.

 

Le verbe anglais to burn signifie brûler en français. C'est une américaine, Loretta Bradley, qui, en 1969 et pour le première fois, désigne un stress lié au travail sous le terme de burn-out, traduit depuis par syndrome d'épuisement professionnel. En 1974, un psychanalyste américain, Herbet J. Freudenberger, écrivait : " En tant que praticien, je me suis rendu compte que les gens sont parfois victimes d'incendie, tout comme les immeubles. Leurs ressources internes en viennent à se consumer comme sous l'action des flammes, ne laissant qu'un vide immense à l'intérieur."

 

À l'automne dernier, le cabinet Technologia consacrait toute une matinée de réflexion au burn-out. Le Dr Agnès Martineau-Arbes, médecin du travail, a décrit les signes cliniques de la maladie: "il s'agit d'une spirale ascendante dont les premiers signes apparaissent au bout de six mois de stress professionnel. Il y a d'abord une phase de résistance, puis arrive la rupture, suivie de l'épuisement." Un épuisement dû à une demande excessive de forces ou d'énergie, d'où la métaphore de la bougie qui, après avoir éclairé pendant des heures, n'offre plus qu'une toute petite flamme.

En introduction à cette matinée, le député Jean-Frédéric Poisson, ancien rapporteur de la mission d'information sur les risques psychosociaux à l'Assemblée nationale, confirmait que "le burn-out n'est pas lié à un tempérament prédisposé; c'est le résultat d'une certaine organisation du travail".

 

Jean-Claude Delgènes, Directeur général de Technologia a évoqué le contexte dans lequel se développe le burn-out : trente ans de chômage de masse, une précarité intégrée, même quand elle est "virtuelle", mais aussi de plus en plus de directions fixant des objectifs de moins en moins réalistes. Le fondateur de Technologia invite donc les salariés à se fixer des limites et... à apprendre à dire "non".

 

Fin 2012, FO Auchan Services Centraux a demandé une expertise indépendante pour établir un état des lieux sur les risques psychosociaux pour les 2 500 salariés des services centraux. Les élus des salariés au CHSCT (dont FO ne fait pas partie) ont refusé la demande de FO pour l'expertise indépendante menée par le cabinet Technologia.

 

N'hésitez pas à nous contacter pour toute question ou remarque :

centrale@fo-auchan.com


12/12/2012

Stress: "Eviter qu'un début d'incendie ne se transforme en catastrophe"

Quatre travailleurs sur cinq se disent stressés. Qu’en penser ? Le Dr William Pitchot, psychiatre et professeur universitaire revient sur la grande enquête Solidaris/RTBF/Le Soir.

 

Le Docteur Pitchot le dit d’emblée : le chiffre de 32% de travailleurs qui avouent un stress très intense lié à leur travail l’interpelle plus que la proportion de près de 8 travailleurs sur dix qui se reconnaissent moyennement stressés. Pour ce petit tiers de stressés " pathologiques ", "c’est une souffrance", dit-il. "Ça peut faire à ce niveau-là et lorsque c’est chronique, le lit de complications à la fois de nature psychologique –comme par exemple la dépression- ou même de nature physique à beaucoup plus long terme". Et le médecin de rappeler que le stress est un facteur de risque de plusieurs maladies.

Pour William Pitchot toutefois, les chiffres ne sont pas surprenants et reflètent les constats de terrain, que cette étude permet d’objectiver.

"Il n’y a pas de bon et de mauvais stress", souligne le psychiatre. "On parle beaucoup plus de syndrome d’adaptation, de réaction d’adaptation à des situations difficiles". Quand le stress est trop intense, l’épuisement et le "burn out" guettent. "C’est un peu comme si on commençait sa vie avec un sac vide sur le dos, qui va se remplir au cours de la vie avec de grosses pierres quand on vit des drames dans son existence. Et ces grosses pierres on va les sentir, on va les supporter au début parce que le sac est vide. Mais il va se remplir aussi avec des petites pierres, et ces petites pierres on ne va pas les sentir mais elles sont là quand même, et dix petites pierres ça va représenter dix fois un certain poids. Et ça, ça s’accumule et il y a un effet de charge dont il faut tenir compte. "

 

La compétition contre la coopération


"Ce que l’on perçoit (…), c’est que le monde du travail est devenu moins humain". Pour William Pitchot, il semble que l’on ait évolué doucement "d’une technique de management basée sur la coopération pour évoluer vers des techniques basées plus sur la compétition, compétition parfois organisée au sein des entreprises"

Toutes les catégories de travailleurs sont concernées et les salariés ne se préparent pas à vivre des situations parfois difficiles lorsqu’ils intègrent une société ou une administration.

 

L'importance de concilier vie professionnelle et vie familiale


L’étude montre également que c’est la qualité de vie au travail qui constitue la priorité. "La plainte principale", rappelle William Pitchot, "c’est de ne pas pouvoir mener de front sa vie professionnelle et sa vie privée". Il pointe plus particulièrement la situation "vraiment très très inquiétante" des familles monoparentales.

Les solutions passent par davantage de prévention, notamment par la capacité à repérer les premiers signes. "Je suis persuadé que si, consciemment, un employeur met en place un système qui fait que tout le monde va être beaucoup mieux reconnu, beaucoup mieux valorisé dans son travail, je suis sûr que quelque-chose d’aussi simple que ça aura un impact important, un impact colossal sur le bien-être au travail""Il y a quelque-chose à changer", conclut William Pitchot, si l’on ne veut pas que les psychiatres et les psychologues continuent à éteindre de petits ou de gros incendies. Or, "il faut éviter que ces débuts d’incendie se transforment en catastrophe".